Mécanique de la frappe fouettée

La valeur tactique du smash en volley-ball repose sur la production d'une trajectoire :

  • tendue ;
  • plongeante ;
  • précise.

Chaque smash réalise un compromis entre ces trois paramètres en fonction des conditions. Le smash doit poser à l'adversaire un problème de vitesse et de contrôle.

D'un point de vue physique, la frappe est un choc entre la main et le ballon. La vitesse produite dépend de plusieurs facteurs dont la densité des deux éléments et leur vitesse. Les plus anciens se sont rendus compte, il y a quelques années, que la baisse réglementaire de la pression du ballon a obligé les smasheurs à frapper plus fort pour une vitesse égale.

On sait aussi qu'une main tonique, "active", transmet plus de vitesse qu'une main molle et relâchée. Nous allons nous centrer ici sur une question centrale : Comment donner de la vitesse à la main qui frappe pour en transmettre au ballon ? En même temps, nous ferons la relation avec les productions spontanées des débutants.

Notons que les mécanismes en jeu gardent une validité dans d'autres habiletés sportives, comme le service / le smash en tennis, ou le smash en badminton par exemple. Cela fait du smash un objet technique relativement transversal. Il est très important de comprendre qu'il s'agit de coordination et non de force pure.

Soulever, pousser, fouetter ?

Comportement initial : Le débutant en smash essaie d'assurer le contact avec le ballon en se plaçant sous celui-ci, ce qui l'empêche de l'accélérer et l'oblige à le pousser par en dessous.

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sur le smash

Evolution 1 :

Le joueur débrouillé, mieux placé, peu frapper le ballon mais il le fait généralement avec un bras bloqué (tendu ou plié), c'est-à-dire que la mobilité est réduite à celle de l'épaule. C'est le modèle du "coup de bâton", à la fois peu efficient et peu précis.

Evolution 2 :

La plupart du temps, le joueur reste face au filet et se trouve gêné dans l'amplitude du geste par la limite de mobilité de l'épaule vers l'arrière (l'arrière du joueur, c'est-à-dire dans son dos). Il reporte parfois la mobilité à un étage inférieur en sollicitant la zone lombaire par un cambré / cassé dont ses disques vertébraux se souviendront plus tard... mais sur l'instant cela correspond à la représentation "démonstration de force" qui s'attache au smash.

Ce mécanisme produit effectivement plus d'amplitude et de puissance. La mise en tension des muscles antérieurs peut amener à la comparer à un modèle de l'arc.

L'effort fourni est important au regard de la vitesse transmise au ballon. Souvent ces frappes sortiront du terrain en longueur faute d'être enroulées vers la cible.

Evolution 3 :

Si l'on demande à un élève s'il préférerait (hypothèse absurde) recevoir un coup d'un bâton de 80 cm de long ou d'un nunchaku (un fléau) de 2x40 cm il préférera la première solution. Il n'est pourtant pas capable d'expliquer que, dans le premier cas, la vitesse à l'extrémité du bâton dépend de la vitesse de rotation à la base et de la longueur du bâton et que, dans le deuxième cas, le jeu de raccourcissement de levier et d'ajout d'un deuxième niveau de mobilité permet une accélération bien plus importante à l'extrémité.

Bien sûr ces exemples constituent des représentations très simplifiées. Dans la réalité biomécanique, les déplacements segmentaires se produisent dans les trois dimensions et les limites de mobilité des articulations sont spécifiques à chacune d'elles. Cependant, à la différence du nunchaku, le corps humain dispose d'une chaîne de muscles qui permettent d'accélérer les différents segments et ainsi de cumuler les vitesses.

Si l'épaule acquiert une vitesse Ve, que sur cette vitesse acquise le coude est projeté vers l'avant (Vc), que sur la base de la vitesse du coude l'avant-bras (Vab) et enfin la mains (Vm) sont accélérés, on assiste à une addition des vitesses (Ve+Vc+Vab+Vm) que l'on ne pourra jamais obtenir avec un seul niveau de mobilité à l'épaule. A la fin, la "main double tout le monde" avec une vitesse maximale.

De ce point de vue, l'image du nunchku, même si elle est très simplificatrice, s'avère une métaphore technique didactiquement efficace pour comprendre que le relâchement et l'utilisation des différentes mobilités articulaires permettent de produire plus de vitesse qu'un effort bloqué à l'épaule. Le coude haut (bras contre l'oreille) est un repère observable efficace pour faciliter les dernières accélérations : avant-bras et main. Si le coude descend avant la main, il n'y a pas eu de fouetté.

La physiologie du coude nécessite une pronation (rotation interne) de la main et du bras en fin de geste pour éviter le blocage du coude qui peut être traumatisant. Cette rotation se produit naturellement si le coude reste haut en fin de geste et que celui-ci est exécuté avec relâchement.

Le trajet de la main obtenu par le geste en fouetté est beaucoup plus adaptable et mieux orienté pour prendre en compte la distance du ballon par rapport au filet et varier les points d'impact sur le ballon et donc les trajectoires.

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les frappes et les distances
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