La position du passeur

Le passeur au centre : une fausse bonne idée

Dans une rationalisation formelle, placer le passeur au centre apparaît comme une solution logique et équilibrée. En réalité, c'est une source de problèmes à trois points de vues :

  • du point de vue de l'erreur probable en réception ;
  • du point de vue de la contrainte à la passe ;
  • du point de vue de la prise d'information visuelle du passeur.

Les équipes de niveau élevé jouent avec un passeur décalé sur le côté. Ce n'est pas un signe de complexification mais au contraire de simplification dans l'organisation. C'est donc aussi un avantage pour les joueurs débutants ou débrouillés.

Notons cependant que cette organisation tient compte de l'organisation des champs visuels et des facilités de frappe des droitiers. Si une équipe était composée majoritairement de gauchers, l'inversion du système répondrait à la même logique.

L'erreur probable en réception

Toute frappe présente une marge d'imprécision par rapport à la cible visée. Cette dispersion peut être mesurée comme un périmètre de dispersion des points de chute. Elle est proportionnelle à la difficulté de la trajectoire reçue et au niveau de maîtrise du joueur réceptionneur mais elle existe toujours. Elle est particulièrement large chez les joueurs débutants.

Placer le passeur près du filet au centre (poste 3) implique que l'on accepte la probabilité que 50% des ballons qui lui sont envoyés seront perdus car reçus trop près du filet ou redonnés à l'adversaire (avec le risque d'une contre-attaque directe). Toutes les erreurs en longueur (trop long) sont rédhibitoires.

Par contre, si l'on place le passeur décalé à droite (entre les postes 2 et 3) et à distance du filet (environ un bras), les erreurs pourront être compensées par un déplacement du passeur

La contrainte à la passe

Nous avons vu qu'une frappe peut-être assimilée à une déviation de trajectoire. Plus l'angle entre la trajectoire reçue et la trajectoire émise est grand, plus la tâche est difficile pour le passeur du point de vue de sa prise d'information visuelle, de son déplacement, du placement de ses appuis et de sa touche de ballon. Voir défendre son terrain et renvoyer vers une cible

Le passeur doit contrôler la longueur, la hauteur de sa passe, en plus de la direction. Nous avons représenté ici le secteur de déviation le plus favorable, le secteur gérable par des déplacements et des réorientations et le secteur défavorable dans lequel la passe est très difficile pour le passeur, voire impossible pour un joueur débutant ou débrouillé.

Nous voyons que si le passeur veut distribuer sa passe dans la largeur à partir de la position centrale pour attaquer la plus grande largeur possible, il a très vite un angle de trajectoires difficile à maîtriser et il n'a devant lui, quel que soit le côté vers lequel il s'oriente, qu'un demi terrain.

Par contre, à partir de sa position décalée à droite, il a dans un angle favorable ou gérable toute une partie du terrain favorable à l'attaque et il menace un espace très large. De plus, la passe arrière poste 2 est dans ce cas une trajectoire courte qui deviendra réalisable assez rapidement et augmentera l'incertitude pour l'adversaire.

La prise d'information visuelle

Le rôle passeur est essentiellement tactique. Cela lui impose de prendre des informations visuelles dans le camp adverse et dans son camp.

  • Dans la position centrale, il se trouve dans l'obligation soit de tourner le dos au terrain adverse, soit de perdre de vue une grande partie de son propre terrain.
  • Dans la position décalée, le passeur dispose d'informations dans le camp adverse et dans la plus grande partie de son propre terrain.
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