Retrouvez-nous sur Facebook

Le volley-ball et la technique

Le volley-ball a la réputation d'un sport "technique". Que recouvre cette affirmation ?

Qu'est-ce qu'un sport technique ?

En approfondissant le questionnement, il s'avère que l'usage de ce terme souligne que les habiletés utilisées en volley-ball sont très spécifiques à ce jeu. Autrement dit, les habiletés acquises dans la vie courante ou dans d'autres sports sont peu efficientes en volleyball. Cela implique dans le discours ordinaire que, pour jouer de façon intéressante, il faut apprendre des techniques.

Nous souscrivons à cette affirmation tout en remarquant que, passé la phase du novice, c'est le lot de tous les sports et que c'est grandement là que réside leur intérêt éducatif.

S'il y a des spécificités dans les habiletés utilisées en volley-ball, c'est qu'il présente des contraintes spécifiques. La première est la contrainte de temps liée à l'interdiction de tenir le ballon. Nous y insistons beaucoup tant il nous paraît que c'est le coeur du jeu et que réside là un enjeu essentiel de la formation des joueurs.

Toutes les techniques du volley-ball, à l'exception notable du service, visent à répondre à cette contrainte de temps et ne sont validées que dans ce contexte.

L'expérience nous montre que les joueurs qui ont une expérience solide dans les jeux de "balle vivante" (sports de raquettes notamment) s'adaptent plus vite et mieux à cette dimension.

Qu'est-ce qu'une technique ?

On dit que quelqu'un est habile quand il est efficace dans une tâche.

Les habiletés en volley-ball ont été, comme dans les autres sports et dans d'autres activités humaines, élaborées, modifiées et sélectionnées au cours de l'histoire de la pratique.

Il est raisonnable de penser qu'un joueur qui débute le volley-ball, et qui n'en a jamais vu jouer, utilise les mêmes chemins pour résoudre les problèmes que les premiers joueurs de l'histoire du volley-ball.

Faut-il lui demander de réinventer les solutions produites par plus d'un siècle de pratique ? Non, bien entendu. Il risquerait d'être un volleyeur retraité avant d'être un volleyeur efficace ou même de se lasser bien avant.

Les solutions efficaces inventées par les joueurs ont été soit interdites quand elles semblaient menacer le développement du jeu (par exemple le contre direct du service) soit modélisées pour être transmises sous forme de techniques. C'est bien la définition même de la technique : une habileté transmise. Une manière de faire efficace, fiable, économique, que l'on peut enseigner.

Enseigner le geste parfait ?

Au risque de choquer, on peut dire que dans les pratiques comportant autant d'incertitude que le volley-ball le geste parfait n'existe pas !

C'est-à-dire qu'il n'existe pas dans l'absolu comme une solution à reproduire à l'identique. Nous ferons encore une exception pour le service, mais on peut affirmer avec certitude qu'au cours d'un match aucun joueur ne refait deux fois le même geste pour la simple raison qu'il ne se trouve jamais deux fois dans les mêmes contraintes de temps, d'espace et d'opportunité tactique.

On peut ainsi, en sport, observer ou même mesurer des paramètres de l'action motrice dont les valeurs ne sont jamais identiques mais dont la combinaison à chaque fois différente répond à des principes stables.

Les très bons joueurs se caractérisent par leur capacité à produire avec régularité le geste le plus efficace dans la situation présente. Cela signifie qu'ils réalisent presque à chaque fois le meilleur compromis possible dans une situation particulière à partir de principes permanents qui fondent l'efficacité.

Ce qui signifie qu'enseigner la technique c'est :

  • Permettre aux élèves d'accéder aux solutions efficaces accumulées au cours de l'histoire du jeu.
  • Dégager les principes qui fondent l'efficacité et les paramètres sur lesquels ils peuvent jouer selon les conditions.
  • Associer toute technique au but visé (le motif de l'action, ce que je cherche réaliser) et aux conditions dans lesquelles on agit.

Ces principes et ces paramètres, nous nous sommes efforcés de les dégager sous forme de "repères" dans les fiches des situations d'apprentissage et d'observation. C'est en s'appropriant ces repères que les joueurs deviennent capables de s'adapter. Il est nécessaire, plutôt que d'isoler le geste, d'envisager la globalité de l'action.

Par exemple, pour une réception de service, l'analyse est la suivante :

  • Qu'est que je cherchais à faire (cible, hauteur de trajectoire) ? (le but visé est-il clair ?)
  • Qu'est-ce que j'ai fait ? (résultat de l'action)
  • Où est-ce que j'étais au départ de l'action ? (placement)
  • À quel moment je me suis mis en mouvement ? (attention, vigilance, temps de réaction)
  • Comment étaient mes pieds au moment de la frappe ? (orientation,stabilité)
  • Où ai-je touché le ballon par rapport à mes appuis ? (équilibre, distance)
  • Sur quelle partie du corps ? (surface de contact et contrôle)

On dégage des principes formulables. Par exemple :

  • Si je frappe le ballon un peu à droite de son axe vertical, la trajectoire est déviée à gauche.
  • Si je donne de la vitesse en manchette avec les bras, je modifie l'orientation de la surface de contact et je perds de la précision.
  • Si je donne la vitesse avec les jambes, je peux contrôler l'orientation de cette surface et être précis

Un des enjeux les plus intéressants du point de vue éducatif est de faire en sorte que le joueur mène spontanément l'analyse de son action. Nous avons vu apparaître ce comportement très tôt, y compris chez les joueurs les plus jeunes, à condition de le favoriser dans la démarche de questionnement et de retour d'informations vers les élèves. Ils se parlent à eux mêmes ou entre eux, ils miment : "j'aurais du faire plus comme cela" ou "moins ceci".

Les actions sont rarement complètement réussies ou ratées. Dans une analyse, telle celle que nous essayons d'illustrer ci-dessus, on peut souvent observer des aspects bien gérés et d'autres ratés. La recherche de reproduction d'un modèle de geste parfait, outre qu'il est généralement décontextualisé, renvoie trop souvent le joueur à son échec. Par contre, l'analyse des facteurs de réussite ou d'échec relatifs l'engage dans un processus de maîtrise progressive bien plus gratifiant.

La technique ou la tactique ?

La tactique est présente dès le début du jeu chez le novice sous une forme élémentaire. "Empêcher le ballon de tomber dans son camp et renvoyer le problème (le ballon) dans le camp adverse en espérant la faute" est une tactique payante au début. La tactique répond à la question : quoi faire ? C'est donc l'identification des buts et la différenciation des buts (contre-attaquer ou passer, smasher ou lober).

La technique répond à la question : comment faire ? C'est donc l'autre face indissociable de l'action de jeu. A mesure que la tactique se complexifie, elle appelle la formation de nouvelles habiletés, l'acquisition de nouvelles techniques. Cette acquisition permet d'ouvrir de nouvelles ambitions tactiques.

Est-ce que "sport technique" signifie "sport difficile réservé à des âges assez avancés" ?

Nous avons, dans un premier document avec des élèves de 7 à 10 ans (BEVON - BIRONNEAU 1986 - Le volley-ball à l'école), montré qu'il n'en est rien. Si un décalage existe bien, c'est entre la représentation que l'on a du volley-ball d'adultes experts auxquel on se réfère et celui que peuvent produire des enfants d'âge scolaire primaire ou secondaire.

En réalité, si l'on n'essaie pas de calquer le jeu des enfants ou des adolescents qui débutent sur le modèle expert, le volley-ball est très accessible dans des formes de pratique adaptées aux âges et aux cadres d'intervention.

Pourtant, on conserve dans ces formes de pratique, qui paraissent différentes de la pratique de référence (le volley-ball adulte de compétition), l'essentiel de la logique du jeu et des problèmes du jeu. Ainsi, l'apprentissage ouvre sans rupture vers une pratique spécialisée de niveau élevé.

Il nous semble important d'affirmer que, même si les formes se modifient au cours de l'évolution du jeu et du joueur, dans les principes de base "rien de ce qui était vrai au début de l'apprentissage ne devient faux si l'on poursuit sa pratique". Par exemple, certaines solutions comme le renvoi direct, très efficace chez le débutant dans des conditions de mauvais placement des joueurs et / ou d'absence de replacement du serveur, se pratiquent peu dans un jeu évolué car les conditions ne se présentent plus. Cependant, si elles se présentent, cela redevient une solution efficace.

Faut-il être un technicien du volley-ball pour l'enseigner ?

Dans l'enseignement que nous proposons, les problèmes essentiels du volley-ball sont abordés et les principes techniques et tactiques de base découlent de la résolution de ces problèmes.

Les repères que nous donnons sont observables par tout enseignant ou entraîneur qui a exercé son oeil à ce travail. C'est la raison pour laquelle nous avons sélectionné, pour chaque fiche d'exercice, des comportements moteurs variés, des actions plus ou moins réussies ou ratées.

C'est votre entraînement à vous ! Regardez les clips des situations d'apprentissage, puis ceux de la fiche d'observation et d'analyse. Regardez à nouveau les clips précédents. Que voyez vous ? Pouvez-vous différencier une réponse motrice d'une autre à partir des critères proposés ? Si oui, bravo ! Vous devenez un technicien du volley-ball. Si vous savez pourquoi une action réussit ou échoue, vos élèves le sauront bientôt.

haut de page

Ce site requiert Flash Player version 8 ou supérieure.

Afin de visualiser correctement le contenu de ce site, nous vous conseillons d'installer la dernière version d'Adobe Flash Player sur votre ordinateur.

Cliquez ici pour télécharger la dernière version de Flash Player sur le site Web du fabriquant